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Trail des Citadelles 2009

Posté par Francis31 le 30/3/2010 12:59:22
du 24/04/2011 au 24/04/2011
LAVELANET 09300

Trail des Citadelles 2009

Après mon abandon l'an passé, j'avais déclaré que je ne prendrai pas le départ de l'édition 2009 si le soleil n'était pas au rendez-vous; et me voila pourtant roulant vers Lavelanet sous une pluie battante.

Après avoir récupéré mon dossard , je retrouve Yvan, Grumlie, Steve, Benos, Ampoule31, Toom, Arnaud et bien sur Michel, le maître de cérémonie.

Marc Andrieux me glisse un petit mot d'encouragement, car même si je suis sur place, je n'ai toujours pas pris de décision quand à ma participation à cette épreuve qui s'annonce dantesque, les bulletins météo ne laissant aucun doute sur les conditions qui nous attendent le lendemain.

A la pasta party, chacun s'encourage ; "t'inquiète pas , ça va le faire"...Puis direction le camping pour une courte nuit dans ma voiture aménagée en camping car de fortune. Dans la nuit, je suis réveillé par la pluie battante, et mon inquiétude ressurgit : je ne tiens pas à revivre ce que j'ai vécu l'an passé.

 

Au petit matin, la pluie s'est transformée en bruine..Et mes incertitudes laissent place à l'envie de se frotter à ce parcours exigeant sans pression; je me motive donc : j'irais jusqu'où je pourrais physiquement et jusqu'où la volonté me portera.

 

C'est donc dans la grande salle de Lavelanet que je retrouve les copains de la veille pour un dernier petit café ; puis direction la ligne départ :

 

 

Derniers préparatifs en compagnie de Steve :

 

 

La température de 5 °C est supportable. Et moi je suis là à me demander ce qui me pousse à prendre le départ

 

 

Je me dis donc que je n'ai rien à prouver, la distance je l'ai déjà parcourue à plusieurs reprises, et décide donc de partir avec dans l'idée de m'engager totalement et d'avancer sans se poser de question. J'irais jusqu'où je pourrais...

 

Et le départ est lancé :

 

 

 

 

Départ tranquille, je connais le début du parcours qui est parfait pour s'échauffer.

 

 

Le corps monte en température, les sensations sont bonnes. La pluie commence à tomber

 

 

Arrive le 4ème km et la première difficulté de la journée : la montée vers les crêtes de Madoual. La boue est bien présente, mais nous n'avons encore rien vu.

 

 

J'atteins les crêtes en 52 minutes, je suis sur un bon rythme.

La nuit commence à s'estomper et s'est avec un beau lever de soleil que nous pouvons contempler le pog de Montségur au loin :

 

 

Il nous parait si proche (environ 4km), mais c'est en fait dans 35 kms que nous lui donnerons l'assaut.

Nous bifurquons donc pour longer les crêtes de Madoual, passer le hameau de Morenci, remonter vers le col des Balussous...Les pieds sont déjà bien trempés.

 

 

Nous longeons la serre de Miquelet, les pieds définitivement dans la gadoue

 

 

Puis la descente s'amorce vers Belesta. Ayant reconnu ce tronçon cet hiver en VTT avec Michel,Yvan et Toom, je suis préparé psychologiquement à ce qui nous attend : un chantier labouré, offrant toutes les qualités de boue...Du pur bonheur...

 

 

Cette année, je décide de ne pas faire dans la finesse (l'an passé, à trop vouloir éviter  glissades et chutes, j'avais laissé beaucoup d'énergie dans ce type de passage) et me lance dans cette descente en visant les coulées de boue qui donnent de meilleurs appuis que les bordures. Les pieds sont trempés, alors foutu pour foutu, allons y gaiement.

 

 

 

 

Et ça se passe beaucoup mieux que l'an passé : j'arrive au 1er ravitaillement de Belesta (18kms) avec une avance de 3/4 d'heures sur la barrière horaire. Je ne m'attarde pas trop (juste le temps de grignoter l'excellent saucisson) et repart en direction de la forêt de Belesta par une belle montée de 500 m D+.

 

 

La température chute, et la pluie se transforme en neige

 

 

Mais tout continue d'aller bien pour moi : je me sens bien en jambe et le moral est là.

Un peu plus loin je fais connaissance avec Auvermarc qui prépare la PTL 2009.

Il sera malheureusement contraint à l'abandon après une chute dans un torrent glacé.

 

 

Arrivé en bas, je me déporte vers la fontaine de Fontesorbes que je n'avais pas pris le temps d'admirer l'an passé ; une gentille bénévole me prend en photo pour "immortaliser" l'instant :

 

 

Fontaine qui n'a pas l'air d'être si intermittente que ça, aujourd'hui :

 

 

J'arrive au 2ème ravitaillement à Fougax (33ème km) avec 50min d'avance sur la barrière horaire. Au moment où j'arrive, Steve repart, je me dis qu'il n'est pas si loin devant moi et nourri l'espoir de le rejoindre. Mais je dois cette fois si refaire le plein en eau (c'est Mélanie, la copine de Toom qui est à la manoeuvre et qui m'encourage d'un mot gentil), manger un peu et boire une bonne soupe bien chaude avant de remonter sous le col des Balussous pour retrouver le chemin déjà parcouru vers Morenci.

Nous longeons d'abord un ruisseau tourbillonnant et dont la rive est plus que glissante

 

 

Dans la montée qui suit, c'est Ampoule31 qui redescend, une tendinite au genou l'empêchant d'aller plus loin; forcément déçu, alors qu'il était tout sourire au départ :

 

 

Un peu plus loin, je croise un couple de Belges venus tout exprès!!!

Nous nous croiserons régulièrement pendant quelques temps, le temps de discuter et d'apprendre l'existence de trails à fort dénivelé en Belgique.

 

Après Morenci, le pog de Montségur est à nouveau en ligne de mire :

 

 

Peu après Serre Longue, vers le km 38,

 

 

 

je rejoins Steve avec qui nous ferons équipe pendant 5 heures :

 

 

Et le terrain est toujours aussi boueux :

 

Photo Steve

 

Le 40 ème km est atteint en 5h40 min et la montée de Montségur nous attend.

Nous y sommes accueillis par un vent terriblement glacial

 

 

Pour la première fois depuis le départ, je ressent la sensation de froid et mes doigts sont gelés. Nous ne nous attardons pas et engageons une descente prudente, encourageant ceux qui sont en sens inverse.

 

Nous engageons dans la descente qui doit nous mener à Montferrier

 

 

D'être redescendu et de pouvoir trottiner m'a réchauffé.

Courir dans la gadoue, la gadoue...

 

 

 

Nous longeons un petit ruisseau, tout va bien même si une petite pointe dans le genou droit me titille sans vraiment être douloureuse pour l'instant.

 

Photo Steve

 

Nous arrivons au ravitaillement de Monferrier (48 ème km, 7h45 de course) avec toujours 3/4 d'heure d'avance sur la barrière horaire. A ce moment je suis persuadé que j'irais au bout : je suis bien physiquement ( tout est relatif après 48 kms) et bien dans la tête.

Je repart, toujours en compagnie de Steve ( à deux, c'est vraiment bien mieux), toujours sur le même tempo, direction Silence.

Et ce n'est pas un chemin qui nous attend, mais un véritable torrent de boue :

 

Photo Steve

 

 

 

 

 

 

Le moral est au top, je me vois déjà franchir la ligne d'arrivée en compagnie de Steve..

Nous passons Silence et le fameux pont sous lequel Auvermarc s'est mis à la baille :

 

 

Puis nous attaquons la longue montée vers le château de Roquefixade, montée qui n'en fini pas. Les derniers hectomètres seront particulièrement pénibles car la fatigue commence à se faire ressentir.

Nous sommes au km 58 et cela fait 9h45 que nous sommes en course.

Arrivés en haut, c'est à nouveau un vent glacial qui nous cueille. Nous croisons 2 concurrents à la dérive enveloppés dans leur couverture de survie.

Quand à moi, dès la bascule, je prend une claque au moral, car le petit titillement au genou droit est devenu une véritable douleur qui m'empêche de courir.

Steve est toujours avec moi, et glissons tranquillement vers le plateau

 

 

Dès que le sentier redevient "courrable", Steve se remet à trottiner et je m'engage à sa suite. Je déchante rapidement  et passe en mode marche rapide et dis à Steve de continuer sa course sans m'attendre (il terminera en 12h45).

Tout au long de la descente, je tenterai de timides relances pour voir si la douleur s'atténue...Que nenni. Moi qui me voyais terminer 30 min auparavant, me voilà à me poser de sérieuses questions.

D'autant plus que je me prendrai une belle gamelle dans la boue, immédiatement suivie d'une deuxième qui me déclenchera une belle crampe au mollet droit...

Je suis couvert de boue et trempé jusqu'à la moelle.

Je garde néanmoins le sourire pour la photo devant les cascades :

 

 

Et c'est donc en marchant que j'atteins le dernier ravitaillement avec 10 minutes sur la barrière horaire. J'évalue mes chances de terminer, je connais la fin du parcours pour l'avoir reconnu. Plus que 10 kms, ce serait dommage d'en rester là. Mais d'un autre côté, cette douleur n'est t-elle pas le prémice d'une blessure qui pourrait compromettre la suite de la saison, voir m'empêcher de courir (je pense à Flo qui ne peut plus courir depuis la Sauta roc).

Cruel dilemme, je ne pensais pas aller aussi loin et me voilà presqu'arrivé.

Je laisse passer 5 minutes, me restaure et continue de peser le pour et le contre avant de prendre la décision de me préserver et donc d'en arrêter là au 63ème km, après 10h45 de course pleinement vécue.

Je suis forcément un peu déçu, mais également  fier de mon parcours effectué dans ces  conditions.

 

Je terminerai ce récit en félicitant Michel et son équipe pour la qualité de l'organisation, rien à dire accueil, repas, balisage, ravitos (super le saucisson) et surtout gentillesse et petits mots sympas de tous les bénévoles. Je pense que ce trail va encore gagner en notoriété et devenir le passage obligé de tous les trailers.


 

 

 

 

 

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